lundi 29 mai 2017

Des petits trous, des petits trous, encore des petits trous! / Drilling holes, more holes, always more holes !


En Français ci-dessous!


In English:

After some very busy weeks drilling ice on and on and on, I finally find a short moment to give you some news. I have prepared an article about a mysterious journey around the world, but it is not done yet, so I quickly come to share some pictures and news between two long ice stations. 
 
The weather and ice conditions have finally turned out well the last week allowing us to do extensive fieldwork and stay at each ice location for 24 hours on a row. Most of our instruments could finally be deployed and for the Belgian team, we managed to do a lot of ice drilling and greenhouse gas flux measurements on the ice. After more than 300 boreholes, we are now becoming highly efficient in drilling, measuring and packing the ice and our stations are becoming shorter every time. We have also done several basket stations and Sarah Park our reporter from National Geographic took her chance on the nice weather to make some interviews on the ice.
During one of the long ice station, a big crack (lead) opened in the middle of the research area. The adrenaline went up, especially for Jeffrey who was alone on the other side of the lead when it opened, but he managed to jump to the “ship side” before the lead opened too widely. Luckily everyone got safely back on board and after many hours all the material could be retrieved on the different ice pieces thanks to the great work of Ben (our field safety leader), the marine technicians and the AB seamen. One more time they showed us how efficiently they can work! Excellent teamwork!

The days start to pass very fast and even though we are all very much looking forward to step on the continent and see our beloved ones, I personally feel that the goodbye with these beautiful ice sceneries will be very painful. The weather later this week might be bad, therefore tomorrow might be our last long ice station, so we definitely start to feel the end of the expedition. So it is a mixture of stress (to pack and finish everything), excitement (to see everyone back home) and relief (that all our science went so well).

I will send you some more news very soon, but in the mean time I let you enjoy the lights of the wonderful auroras that are regularly dancing over our heads. And I also introduce you to the inhabitants of the Ross Sea, The Emperors. They are protected, so we are not allowed to approach them, but they are not afraid to come close to the icebreaker and some days ago, two of them came for a visit. They seemed to be waiting for the icebreaker to move so they could take a cold bath. To let them pass, the icebreaker had to go backward. It was very funny to see these two little Emperors have the priority on our huge ship. We have also seen whales and seals and we expect to see more of them when we will leave the ice in about a week.
It is time to go asleep to be ready for a big day on the ice tomorrow. Thanks again for your support and nice words. Have a wonderful week!
All the best.
Do not hesitate to write to me/us: celia.sapart.guest(a)nbp.usap.gov (replace (a) by @).

Hugs from Antarctica!
Célia

En Français

Après des semaines bien chargées, je vous transmets quelques nouvelles rapides, car je n’ai pas encore eu le temps de terminer mon prochain article qui me tient particulièrement à cœur et qui contera un grand voyage autour du monde. J’espère avoir le temps de le publier d’ici le week-end prochain.
Depuis deux semaines, l’état de la glace et la météo nous permettent d’enchaîner les longues stations sur la glace les unes après les autres, ce qui est une bonne nouvelle pour la science, mais pas évident à gérer du fait de la fatigue que nous avons accumulée ces derniers mois. Heureusement, le soleil commence à nouveau à frôler l’horizon et ses quelques rayons transforment le ciel en véritable œuvre d’art ce qui nous motive à sortir au grand froid malgré tout.

Le soleil qui recommence à danser à l’horizon / The sun who starts again to show his nose for a couple of hours each day

Nous sommes souvent informés au dernier moment que nous allons avoir une station, donc il arrive que nous n’ayons pas beaucoup dormi avant d’aller sur la glace. Cela entraîne un certain stress, car tout doit aller très vite du fait de la météo qui peut changer à tout moment. Mais finalement, quand nous sommes sur la glace, nous oublions tout cela pour nous concentrer sur nos mesures et nos forages (nos nombreux trous) et l’ambiance est en général très agréable. Jean-Louis, notre féru foreur, est assisté par Gauthier et moi-même et Bruno, Jeroen et Fanny s’occupent des mesures de flux de gaz à effet de serre sur la glace ainsi que de l’échantillonnage d’eau sous la glace. Après plus de 300 forages depuis le début de cette mission, nous sommes désormais au summum de notre efficacité et nous arrivons à faire des stations complètes en moins de 8h.

Jeroen, Jean-Louis et Gauthier prêts pour une longue station sur la glace/ Jeroen, Jean-Louis and Gauthier ready for a long station on the ice

Jean-Louis et Gauthier en train de forer la glace durant une longue station sur la glace/ Jean-Louis and Gauthier drilling ice during a long ice station

Quand le ciel de l’Antarctique devient une œuvre d’art / When the Antarctic sky becomes a Master Piece

Gauthier, Jean-Louis et moi-même avec quelques carottes de glace après une longue séance de forage/ Gauthier, Jean-Louis and myself with some ice cores after a long session of drilling
Moi-même (allongée) et Bruno en train de mesurer la concentration en CO2 dans un trou préalablement forer/ Myself (lying down) and Bruno measuring the CO2 concentration in a borehole

De retour au laboratoire après chaque station, nous devons immédiatement faire des premières mesures sur la glace et l’eau récoltées, ce qui prend beaucoup de temps. De ce fait, nous essayons d’alterner, une journée/nuit sur la glace et une journée/nuit au labo, cela laisse donc peut de temps pour dormir. Il y a deux jours, alors que nous étions en pleine mesure au laboratoire, nos collègues qui travaillent sur la physique de la glace étaient à l’extérieur quand une immense faille s’est formée et à traverser toute la zone de recherche. Imaginez un stade de foot coupé en deux. A premier abord, il semblait que toutes les personnes étaient du bon côté (côté bateau) de la faille, mais très rapidement Jeffrey, un des étudiants américains, à appeler par radio pour dire qu’il se trouvait du mauvais côté. N’ayant pas eu de réponses immédiates, il a eu très peur et a donc sauté pour traverser la faille. Selon les règlements de sécurité, on doit éviter à tout prix de sauter par dessus une faille, car il faut mieux être isolé sur un morceau de glace que dans l’eau, mais bien heureusement tout s’est bien terminé. Il a fallu néanmoins une bonne partie de la nuit pour réussir à récupérer tout le matériel qui était éparpillé sur les différents morceaux de glace. C’est la septième évacuation d’urgence de cette expédition, mais la première qui ne concernait pas l’équipe belge, donc nous devons désormais partager la vedette. Nous (tous les membres de l’équipe belge) avons d’ailleurs reçu le « Shackelton Award » du nom du célèbre explorateur polaire !

Faille qui s’est formée au milieu de la zone de recherche/ lead forming in the middle of the research station

La même faille quelques minutes plus tard /the same lead some minutes later

Nous avons également eu plusieurs stations sur le panier (la nacelle) et comme le temps était calme, Sarah Park, la reporter de National Geographic en a profité pour faire des interviews sur la glace. Quand Bruno et Fanny sont sur la glace, je reste souvent à surveiller la glace et ce sont des moments que j’apprécie particulièrement, car ils me permettent de m’abreuver de ces paysages quasi lunaires et de discuter au calme avec les techniciens d’ASC (qui restent sur le pont prêts à intervenir en cas d’urgence). 

Fanny, Bruno, Sarah Park et Ben Adkison (notre spécialiste de terrain) sur la nacelle/ Fanny, Bruno, Sarah Park and Ben Adkison (field specialist) on the basket

Fanny, Bruno, Sarah Park et Ben Adkison (notre spécialiste de terrain) sur la glace/ Fanny, Bruno, Sarah Park and Ben Adkison (field specialist) on the ice

Bruno interviewé par Sarah Park sur la glace avec l’aide de Chuck, un de nos techniciens préférés/ Bruno interviewed by Sarah Park on the ice with the help of Chuck, one of our favourite marine technician

Les jours passent et se ressemblent parfois, mais la fin est proche, car il nous reste une bonne semaine pour profiter de ces paysages de glace avant d’entamer la remontée vers la Nouvelle-Zélande. Même si nous commençons à vraiment rêver du retour et des retrouvailles avec nos proches, je sens bien que les au revoir avec l’Antarctique ne se feront pas sans peine. Demain nous partons à nouveau pour une nouvelle longue journée sur la glace, peut-être la dernière, donc nous allons profiter de chaque instant. Mais en attendant, il va falloir dormir un peu, donc je vous laisse, mais vous promet plus de nouvelles d’ici la fin de la semaine.

La glace sous toutes ses formes est pour moi ce qui donne à l’Antarctique son caractère et sa beauté suprême, donc j’ai quelque peu oublié de vous parler des habitants de ces lieux magnifiques qui sont pourtant venus plusieurs fois ravir nos mirettes. Pour terminer cet article, je vous présente donc nos amis les Empereurs qui sont protégés par le traité de l’Antarctique et que nous n’osons pas approcher. C’est souvent eux qui nous rendent visite et ils n’ont pas l’air impressionnés par notre brise-glace. La semaine dernière nous avancions très lentement dans la glace, quand deux compagnons se sont approchés à quelques mètres de l’avant du bateau. Ils se sont arrêtés comme pour attendre que l’on se pousse. Et ce fut chose faite, car les lieutenants ont du stopper le bateau et faire marche arrière pour les laisser passer. Cette scène était digne d’un dessin animé. 

Nos amis les Empereurs/ Our friends the Emperors

Un empereur qui attend que le brise-glace se pousse pour pouvoir prendre son bain/ An emperor waiting for the icebreaker to move away so he can take a cold bath
 

Nous avons aussi eu la chance de voir des baleines, quelques phoques, mais je n’ai pas réussi à prendre de photos. Puis le week-end dernier, d’incroyables aurores australes ont illuminé le ciel de l’Antarctique pendant des heures. Les photos ne rendent pas la moitié de la réalité, mais je les partage afin que vous puissiez vous faire une idée. Je vous laisse avec ces belles lumières du Grand Sud et quelques photos de notre bateau dans tous ses états. 

Aurore australe/ Southern lights

Aurore australe/ Southern lights

Aurore australe et le couché de soleil (photo prise par Ben Adkison)/ Southern lights with the sunset (picture taken by Ben Adkison)

Notre brise-glace, le N.B. Palmer / The N.B.palmer icebreaker
 
Notre brise-glace, le N.B. Palmer / The N.B.palmer icebreaker


Notre brise-glace, le N.B. Palmer (photo prise par Sarah Searson) / The N.B.palmer icebreaker (picture taken by Sarah Searson)


Désolée pour les nouvelles peu régulières de ces deux dernières semaines, mais j’espère avoir plus de temps pour vous écrire durant les 3 semaines qui nous restent avant notre grand retour. Un grand merci pour tous vos mots d’encouragement ! N’hésitez pas à envoyer vos commentaires, questions ou simplement à m’écrire (ou à nous écrire) à l’adresse suivante : celia.sapart.guest(a)nbp.usap.gov (remplacer le (a) par @). Attention, les pièces-jointes de plus de 5MB ne sont pas acceptée.
Bonne semaine à tous et à bientôt.
Célia




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire