En Français ci-dessous
In
English:
This
Tuesday 11th of April at 6:30pm, we finally left the harbour of
Lyttelton with a lot of excitement, but quite some worries concerning
the weather forecast that was not so optimistic. To reach the Ross
Sea, we have to cross the Southern Ocean that includes the “Roaring
Fourties”, “The Furious Fifties” and the “Screaming Sixties”.
In this area of the globe, there is no continent, so nothing can
break the waves nor slow down the wind. Moreover, the cold Antarctic
waters are meeting there the warmer water masses from the
mid-latitudes which involves heavy currents. The old sailors were
used to say that: “Under the Roaring Forties no laws exist anymore,
but below the Furious Fifties, no god exist anymore”. This sentence
is dancing around in my head since several weeks and I feel very
exited to sail on the roughest seas on Earth, but I am also quite
afraid about sea sickness.
The
departure felt quite special, because we left the continent at night,
so we could not appreciate the very nice sceneries of this region as
we would have liked to. We could only see the lights of Lyttelton
fading out at the horizon. That was our last contact with the
continent for a very long time.
It
is never easy to leave the civilization for so long, but this time it
feels more peculiar, because these days, the world is changing very
fast and what is going on with the international politics does not
announce anything positive. Several of us are wondering how the world
will look like at our return in June. We are leaving to the Antarctic
sea ice that was until now quite preserved from climate change in
comparison with arctic sea ice which has lost about 50% of its extend
over the last 50 years. But this year, for the first time, the
Antarctic sea ice extend is much lower to what has ever been recorded
and everything seems to go much worse as what has ever been
predicted. In the same time, state politicians in the US and in
Russia are taking the decisions to start emitting even more
greenhouse gases and based on nothing, they deny that climate change
is caused by human activity which makes absolutely no doubt in the
scientific community.
So
it is more motivated than ever that we are going to study what is
going on downthere to show it to the world and we hope for the best
at our return.
It
is with all these thoughts in my head that I finally managed to fall
asleep for my first night in the Southern Ocean. This night has been
short, because the waves woke us up many times and at the dawn,
almost everyone was sick (I was lucky enough not to have suffered
from sea sickness), so the scientists were walking around a bit as
zombies on the ship. In such conditions, every movement requires a
lot of energy.
We
had to have our safety training to try on our safety suits in case
the ship would have to be evacuated. These suits should allow us to
survive in cold water for some hours. It is always fun to try it on,
but we hope that we will never have to wear them for real, because we
know that if something serious happens, it would take more than a
week for the rescue team to reach us!
During
the rest of this first week at sea, we had several safety,
organisation and scientific meetings and day after day the sea
sickness got better for much of the scientists. We have been very
lucky, because the forecast was announcing very high waves (up to
12m) in crossing the “Furious Fifties”, but we managed to cross
them right in between two depressions, so the wave height was limited
(about 5m). But it seems that heading to the “Screaming Sixties”,
the wave height will increase again. Let’s hope for the best.
We
are now Saturday afternoon (UTC+12) at 58 degrees S and it will still
take some days to reach the ice (about 68degrees S), because we are
only sailing at about 9 knots. We will do our first stop to sample
water tomorrow morning and the next day and then head down to the
Ross Sea. More news from me as soon as we reach the ice.
Thanks
a lot for your messages and nice words, that helps to keep the mood
up. All the best and have a good Easter.
Célia
Thanks
a lot for following us and do not hesitate to contact me:
celia.sapart.guest(a)nbp.usap.gov (replace (a) by @)
En Français
Ce
mardi 11 avril à 18h30, nous avons enfin quitter le port de
Lyttelton avec beaucoup d’excitation, mais aussi pas mal de
réticence du fait des prévisions météorologiques qui n’étaient
pas optimistes. Pour atteindre la mer de Ross qui est l’étendue
d’eau la plus au Sud de la planète, nous devons traverser l’Océan
Austral qui comprend les 40èmes
rugissants, les 50èmes
hurlants et les 60èmes
vociférants qui sont les noms donnés par les marins aux parallèles
situés entre 40, 50, 60 et 70 degrés Sud. Du fait, qu’il n’y a
pas de terre pour freiner les vagues et le vent dans ces zones du
globe et de la rencontre des eaux froides de l’Antarctique avec les
eaux plus chaudes, les vents et les courants marins y sont très
forts. Il existe un dicton de marins qui dit : « Sous 40
degrés Sud, il n’y a plus de loi, mais sous 50 degrés Sud, il n’y
a plus de dieux ». Cette phrase résonne dans ma tête depuis
plusieurs semaines et je trouve cela fascinant de pouvoir naviguer
dans une zone du globe tellement crainte par tous, même si je ne
cache pas avoir peur malgré tout.
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| Dernières photos du bateau au port/ Last photos of the ship at the harbour |
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| Dernières photos du bateau au port / Last photos of the ship at the harbour |
Le
départ était assez particulier, car il faisait nuit, donc nous
n’avons pas pu profiter des magnifiques paysages de cette région
comme je l’avais espéré, mais nous sommes restés sur le pont
pour voir les lumières de la civilisation s’éloignées à
l’horizon jusqu’à ce que nous soyons dans l’obscurité totale.
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| Vue sur l’arrière du bateau au moment du départ du port/ View on the aft when we left the harbour |
Quitter
la civilisation et le continent pour plusieurs mois est toujours très
émouvant. Surtout en cette période où le monde est en train de
changer si vite et où la politique internationale n’annonce rien
de réjouissant. Nous sommes nombreux à nous demander dans quel
monde nous allons rentrer dans 10 semaines. Nous partons vers la
banquise antarctique qui jusqu’à lors était encore relativement
préservée des changements climatiques en comparaison avec la
banquise arctique qui a perdu 50% de son étendue en 50 ans. Mais
cette année pour la première fois, l’étendue de la banquise
antarctique montre également une importante diminution et les choses
semblent s’emballer au-delà des pires prédictions climatiques. Au
même moment, les chefs d’états notamment russes et américains
prennent des décisions inconscientes qui vont avoir des répercutions
catastrophiques sur notre environnement et notre société. Leurs
actions et leur déni de la réalité vont engendrer d’énormes
émissions à gaz de serre supplémentaires qui vont empirer une
situation déjà critique au niveau du climat de notre planète et de
nos existences.
C’est
donc, non sans crainte, mais avec une motivation sans pareil que nous
partons dans ces régions magnifiques, mais hostiles, pour évaluer
l’état des dégâts afin de pouvoir montrer au monde les
conséquences de nos actes!
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| Fanny et Jeroen heureux de partir en mer / Fanny and Jeroen happy to leave to the sea |
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| Jean-Louis qui observe les dernières lumières du continent avant l’obscurité totale / Jean-Louis looking at the last bit of lights on the continent before the total darkness. |
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| Les dernières lumières à l’horizon/ The last little lights far away |
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| Et nous voici loin de la civilisation, dans l’obscurité totale / And here we are far from the civilization in the total darkness |
C’est
donc avec l’esprit rempli de sentiments contradictoires, que je me
suis endormie pour ma première nuit agitée en mer. Je me suis
réveillée plusieurs fois du fait des fortes vagues qui nous faisait
par moment bien tanguer, mais c’est au petit matin que la mer a
pris de l’ampleur et que presque tout le monde a souffert du mal de
mer. Au petit matin, les visages étaient pâles, les regards vitreux
et les mouvements très peu précis. J’ai la grande chance de ne
pas avoir été malade cette fois-ci, car avec l’expérience, je
sais que ce qui me convient ou non pour éviter le mal de mer. Je
bois et je mange des aliments acides (p.ex. des cornichons, des
pommes, du jus de canneberge) et des crackers de riz pour stabiliser
mon estomac. Puis je bois beaucoup de tisane de gingembre ce qui
permet d’éviter la nausée. Mais ce qui est important surtout,
c’est de ne pas avoir peur, car cela joue un rôle important
également, donc il ne faut pas trop réfléchir.
De ce
fait, c ‘est à bord d’un navire contenant des scientifiques
un peu zombies que nous avons du faire nos premiers exercices de
sécurité et d’évacuation du bateau. Il y a différentes sirènes
sur le bateau et chaque son signifie quelque chose de bien précis.
En cas de problèmes graves et si nous devions quitter le navire en
pleine mer (ou dans la glace), nous devrons tous porter des
combinaisons de survie qui sont censées nous permettre de survivre
plusieurs heures dans les eaux glaciales polaires. Ces combinaisons
sont bien hermétiques et de ce fait compliquées à enfiler, surtout
sur un bateau qui tangue. C’est toujours amusant de le faire en
exercice, mais on espère ne jamais devoir les mettre pour de vrai,
car on sait tous très bien que si quelque chose se passe en mer de
Ross, il faudrait plus d’une semaine au secours pour nous
atteindre.
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| Fanny luttant contre le mal de mer et essayant de mettre sa combinaison de survie/ Fanny fighting against sea sickness and trying to put on her survival suit |
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| Moi-même empaquetée dans ma combinaison de survie, mes cheveux refusaient d’y entrer/ Myself well packed in my survival suit, only my hair would not accept to fit in |
Le
reste de cette première journée en mer, nous l’avons passée à
nous reposer, car cette traversée des 40èmes
rugissants au 50èmes
hurlants a été bien agitée. Nous avons eu des creux de plus 5
mètres. C’est difficile de faire des photos représentatives, mais
quand la mer est dans cet état, le moindre mouvement est une
contrainte et c’est très fatiguant, car on doit sans cesse trouver
notre équilibre.
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| Vue à babord depuis le pont. On peut y voir un des canots de survie/ View from starboard from the bridge, we can see there one of the survival boat |
Les
prévisions météorologiques nous annonçaient des creux de plus de
12m pour le passage des 50èmes
hurlants à cause d’importantes dépressions sur cette zone. Il
semble que nous ayons eu une chance incroyable, car nous sommes
passés juste entre deux dépressions, donc depuis vendredi, la mer
est plus calme et nous avons pu aller un peu à l’extérieur pour
faire des photos et prendre l’air.
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| Les vagues prennent de l’amplitude, il nous fallut donc rentrer à l’intérieur / The waves are becoming higher again, so it was time to get back inside. |
Depuis
notre départ, nous avons principalement passé du temps en réunion
pour discuter de la science et planifier ce que nous allons faire dès
que nous arriverons sur la glace. Mais nous avons aussi pris du temps
pour nous reposer, contrôler le matériel et faire connaissance les
uns avec les autres. En ce qui me concerne, toutes les machines
marchent au poil, ce qui tient du miracle vu la complexité des
instruments. C’est le cas également pour Gauthier. Croisons les
doigts pour que cela dure.
Il est
maintenant samedi après-midi (UTC +12) et nous sommes à 58 degrés
Sud, donc il nous faudra encore plusieurs jours pour rencontrer de la
glace (vers 68 degrés Sud), car la formation de la glace est
fortement retardée cette année. Mais nous allons nous arrêter pour
faire des mesures en mer dès demain. Aux dernières nouvelles, il
semblerait que la météo va s’envenimer dans les prochaines
heures, nous devrions atteindre des creux de 8 mètres. Ou peut-être
allons nous à nouveau avoir de la chance et passer à côté, c’est
ce que nous espérons fortement.
Merci
à tous pour tous vos messages qui font grand bien au moral. Je vous
donnerai plus de nouvelles dès que nous arriverons sur la glace. Bon
week-end de Pâques à tous ! Je pense très fort à vous !
Célia
N’hésitez
pas à m’écrire à l’adresse suivante :
celia.sapart.guest(a)nbp.usap.gov (remplacer le (a) par @)



















Je t'ai envoyé un mail mais il ne passe pas... grrrrr
RépondreSupprimerCoucou Marie, zut alors. Tu peux essayer à csapart@ulb.ac.be et on me le transfèrera. De gros bisous à toi.
RépondreSupprimerBon succes!
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