En Français ci-dessous
In
English:
It
is after a short night often broken by abrupt wake-up caused by the
rolling of the ship that we started our Easter Sunday. A nice
surprise was waiting for us: some nice people had decorated the
galley and hidden Easter eggs around the ship and on our cabin doors.
That was definitely a great start of a very pleasant day. Later in
the day, a BINGO was organised and that was definitely a great
occasion to get to know each other and to have some fun together (see
photos below). The Belgian Team won 2 prices out of 5, so that was
quite a success for us!
Many
people were wearing bunny outfits! That is possible (and fun!) on a
US vessel, but it would not be allowed on a French vessel where
rabbits are bringing bad luck according to sailor superstition. There
it is even not allowed to say the word “Rabbit” on board a ship!
The rest of Easter day was filled with our first ocean station (I
will tell more about the ocean and ice stations in a next post) and
with several scientific and safety meetings. We had to discuss how to
organise the ice stations that will be coming as soon as we are in
the sea ice. Working on the ice can be very dangerous therefore a
good preparation is crucial. We need to make sure to have the
appropriate gears, communication tools and that we are all trained to
use the radios, GPS and snow machines in case of emergency.
During
this time, the waves did not let us too much rest, but everyone was
slowly getting used to the sea dancing hence life on board was more
and more pleasant. As soon as the time and weather allowed, Fanny and
I went outside for short walks around the ship to breath fresh air
and take photos of the waves, but the waves are definitely more
impressive from the portholes at the main deck where I had a lot of
fun trying to catch the biggest wave (see pictures below).
On
Monday and Tuesday, we could start feeling that Antarctica was not
far away. The temperature dropped clearly outside (and in the ship).
On Tuesday evening, right at the moment when we crossed the southern
polar circle, we had the chance to see the first big iceberg of this
expedition (see photos below). All the young scientists ran to the
bridge to watch it from there with Jean-Louis and Steeve, the most
experienced Antarctica fellows on this ship. It was a very special
moment, but the night was coming, so the light was very poor to take
good photographs. That also means that the sea ice is not so far so
we are more than ready to get on the ice and start the hard work
there. When you will read these lines, we will just have reached the
ice marginal zone, but to let you wait, please appreciate some
pictures of the ship that slowly starts to be covered in white.
Thanks
again for all your nice messages and comments! I will write you more
about the science we do here in the coming posts and I will make some
portraits of some people I met here and who have fascinating life
stories.
All
the best and à bientôt!
Célia
Do
not hesitate to contact me/us: celia.sapart.guest(a)nbp.usap.gov
(replace (a) by @)
En Français
C’est
après une nuit courte et entrecoupée de nombreux réveils brusques
du fait des vagues que nous nous sommes réveillés ce dimanche de
Pâques. Mais en sortant de nos cabines, nous avons découvert que
pendant la nuit, des personnes courageuses avaient bravé
l’instabilité du bateau pour décorer les parties communes et
coller des petits paquets de chocolats de Pâques sur nos portes.
Cela nous a tous mis de bonne humeur dès le matin et c’est une
journée de Pâques fort sympathique qui s’annonçait.
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| «Le tableau de la cantine qui nous souhaitait « Bonne Pâques » / The white board at the cantine that wished us Happy Easter» |
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| La cantine décorée pour l’occasion/ The galley decorated for the occasion |
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| Petits cadeaux de Pâques sur nos portes de cabines / Little Easter presents on the doors of our cabins |
Dès
le matin, nombreux sont ceux qui ont porté des oreilles de lapins,
ce qui peut se faire sur un navire américain, mais certainement pas
sur un navire Français, car selon les superstitions des marins
français, le lapin représente la malchance, donc il n’est pas
autorisé de dire ce mot à bord.
Certains
coordinateurs et techniciens du support scientifique avaient organisé
pour nous une partie de bingo (ce qui est l’équivalent d’un
match au loto pour les amis Suisses). Je n’ai rien gagné, mais
l’équipe belge s’est bien défendue en gagnant 2 lots sur 5 et
nous avons surtout passé un très bon moment tous ensemble. Cela
nous a aussi permis d’apprendre à mieux nous connaître. J’ai eu
le grand plaisir de découvrir plusieurs personnalités passionnantes
qui ont des histoires de vie assez incroyables. Je vous les
présenterai à travers des portraits dans mes prochains articles.
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| Ma table de bingo / My Bingo Table |
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| Les gentils organisateurs / The nice organizers |
Durant
cette journée, nous avons eu plusieurs réunions et exercices de
sécurité, notamment pour préparer nos campagnes de mesures sur la
glace qui vont commencer vers le 20-21 avril quand nous arriverons
dans la banquise. Une station représente un point géographique où
nous allons faire des mesures et prendre des échantillons d’eau,
de glace et d’air. Nous aurons au total 7 stations de 24h sur la
banquise et plusieurs stations à bord d’un zodiac pour
échantillonner des morceaux de glace en formation. Une bonne
préparation est donc essentielle pour minimiser les risques d’un
tel déploiement, surtout en vue des conditions actuelle de glace.
Pendant
ce temps, la mer continuait sa danse incessante et nous faisait
tanguer. Dès qu’elle se calmait un peu, nous sortions avec Fanny
pour prendre quelques photos. Sur la photo ci-dessous, vous pouvez
apprécier l’angle entre l’horizon et le sommet du treuil. Cela
vous donnera une idée de l’amplitude du roulis.
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| Vue sur le poupe/ View on the aft |
Mais
c’est depuis le laboratoire au “rez-de-chaussée” du bateau que
les vagues sont les plus impressionnantes. Elles viennent claquer sur
le hublot et nous rappellent constamment leur puissance.
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| Vue depuis le hublot du laboratoire atmosphérique / View from the porthole of the dry aft lab. |
Les
jours suivants, nous avons commencé les stations océaniques où
nous échantillonnons de l’eau à différentes profondeurs et cela
jusqu’au fond de l’océan à plus de 3,5km de profondeur (je vous
parlerai plus en détails de nos méthodes et du but de nos mesures
dans un prochain article). Nous commençons donc à être bien
occupés et plusieurs équipes travaillent en horaires décalés,
mais en ce qui nous concerne, nous devons tous être présents sur
chaque station, donc les heures de sommeil vont commencer à être
comptées.
Dès
que la mer se calme un peu et que le temps le permet, j’en profite
pour aller me promener à l’extérieur quelques minutes en espérant
voir le premier iceberg de cette mission.
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| ma dernière sortie sans gants et sans équipement polaire sur le pont / my last walk on the deck without gloves and polar equipment |
La
température a fortement baissée (il fait désormais environ -15°C)
sans que l’on s’en rende compte, donc il faut désormais faire
attention en sortant, car toutes les parties en métal du bateau sont
très froides et glissantes. Mais surtout, ce mardi 18 avril, nous
commencions à sentir l’Antarctique et c’est à la minute précise
où nous passions le cercle polaire austral (66°33’S) que nous
avons vu notre premier iceberg venant de la calotte Antarctique. La
nuit commençait à tomber, donc ce fut difficile de faire de bonnes
photos, mais tous les novices de l’Antarctique se sont retrouvés
sur le pont supérieur du bateau avec Jean-Louis et Steeve (le chef
scientifique) qui ont passé tous les deux une bonne partie de leur
vie en Antarctique et qui savent si bien partager leur passion.
C’était un moment unique et très excitant, car cela signifiait
que la banquise était proche !
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| Notre premier iceberg de la mission, environ 30m de haut / Our first iceberg of the expedition |
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| Notre premier iceberg de la mission, environ 30m de haut / Our first iceberg of the expedition |
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| Notre premier iceberg de la mission, environ 30m de haut / Our first iceberg of the expedition |
Il
existe très souvent une confusion entre les termes « banquise »
et « icebergs », mais ces deux mots ne signifient pas du
tout la même chose. La banquise est de l’eau de mer qui gèle sous
l’effet de très faibles températures atmosphériques et souvent
sous l’effet de fort vent. Elle gèle en commençant par la
surface, puis en se développant verticalement vers le bas tout en
emprisonnant les sels et autres impuretés (dont les gaz) présentes
dans l’eau de surface. Son épaisseur dépasse rarement les 2
mètres. Les icebergs, sont des morceaux de glace continentale qui se
détachent des gigantesques calottes glaciaires notamment du
Groënland et de l’Antarctique (plus de 3km d’épaisseur). Ces
montagnes de glace non salée flottent sur l’eau en direction des
latitudes plus faibles. Ils peuvent atteindre des dizaines de mètres
de hauteur hors de l’eau, mais des profondeurs bien plus
importantes sous la surface. De ce fait, ils sont de véritables
dangers pour les navigateurs, souvenez-vous du naufrage du Titanic !
Quand ces icebergs se décrochent des calottes glaciaires et tombent dans l'océan, ils entraînent une élévation du niveau
de la mer. Cela est le même principe que quand on prend un bain, l'eau monte dans la baignoire quand on s'immerge. Quand les icebergs fondent, cela entraîne également un apport d'eau continentale (moins salée, donc plus légère) vers la mer ce qui peut changer les courants océaniques. Quand la
banquise fond, cela entraîne aussi des changements notamment au niveau des
courants océaniques et de la quantité de chaleur stockée dans
l’océan, mais pas d’élévation du niveau de la mer, car c’est
de l’eau de mer gelée qui flotte, puis qui fond et redevient de
l’eau de mer. Il se peut que des icebergs soient pris dans la
banquise et cela donne l’impression d’avoir des montagnes au
milieu d’une mer de glace.
Il est
important de bien savoir faire la différence entre ces deux types de
glace, car un navire brise-glace est capable de briser la banquise,
mais en aucun cas, il ne serait capable de faire face devant un
iceberg. Heureusement, de nombreuses décennies sont passées depuis
le naufrage du Titanic et de nos jours il existe des radars
permettant de repérer les icebergs à plusieurs dizaines de
kilomètres à la ronde. Alors que les grands navigateurs faisaient
tout leur possible pour éviter de naviguer dans la banquise en ce
qui nous concerne c’est notre but premier et nous comptons les
heures pour y arriver. Tout d’abord car nous sommes plus prêts que
jamais pour descendre sur la glace et faire nos expériences, mais
aussi car c’est un environnement unique, fascinant et magnifique.
A l’heure où vous lirez ces lignes, nous y serons enfin arrivés
et il me tarde de vous raconter et de vous faire partager ces
magnifiques paysages, mais aussi de vous en dire plus sur ce que nous
allons faire précisément. En attendant, je vous laisse avec
quelques images du bateau qui, comme un caméléon, se recouvre
petit à petit d’une épaisse couche blanche.
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| Le bateau qui petit à petit se recouvre d’une couche de glace épaisse / the ship being slowly covered by a thick blanket of ice. |
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| Le bateau qui petit à petit se recouvre d’une couche de glace épaisse / the ship being slowly covered by a thick blanket of ice. |
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| Le bateau qui petit à petit se recouvre d’une couche de glace épaisse / the ship being slowly covered by a thick blanket of ice. |
Merci
une fois de plus pour votre soutien et vos messages. Je n’ai pas
d’accès direct à internet, donc pas d’accès à mes emails
habituels, ni à Facebook, à part dans de très rares cas où nous
avons une connexion satellite, mais cela ne me permet pas de voir ce
que vous m’écrivez. Donc n’hésitez pas à envoyer vos
commentaires, questions ou simplement à m’écrire (ou à nous
écrire) à l’adresse suivante :
celia.sapart.guest(a)nbp.usap.gov (remplacer le (a) par @).
Attention, les pièces-jointes de plus de 5MB ne sont pas acceptées.
Bon
vent à tous et à bientôt depuis la banquise !
Célia















Super Célia....bonne chance et merci pour ces belles photos
RépondreSupprimerItzel