mardi 11 avril 2017

Installation sur le bateau et premières impressions / Setting-up on the ship and first impressions.


En Français ci-dessous

In English:
After 5 days of mobilization on the ship, I finally fine the time to sit down and write some news. The 6th of April in the morning, we did our first steps on the N.B. Palmer ice breaker which is gonna be our home for the coming 10 days. We were enthusiastic to get on board, but the first days were not easy.  The first day, it was pouring rain and we had to empty our 5 tons of material from our container to the different labs. Luckily this went quite fast and efficiently thanks to the great organizational skills of our boss. Then, we had to trouble shut our different systems and we all had some troubles, but luckily everything got solved before the departure. The big part of my work was to install the atmospheric lines and systems with Brett, my colleague from Sweden with who I worked on my last expedition in the Arctic. He very nicely brought his material and taught me how to install everything and to run it during the cruise, because he will not come with us. It was great to meet with him again and he totally integrated in the Belgium team, so we hope to see him soon in Brussels when we come back. So now it is my role to take care of his system and I hope very much that all will work as good as possible.
The lab space is very good and open on this ship, but that is not the case of the cabins, so it took us some times to get used to them and to clean them to feel home there, but we managed to sleep better over the last nights. Before departure, we also went to try on our polar equipment and i was glad to find a nice mask and polar hat that I will definitely use when we will be on the ice.
The ship was supposed to leave on monday evening, but it had to get a refill of oil, so we got a bit delayed. Now, it is 6:30pm (New-Zeeland time) the tuesday 11th of April and the engine just got on. So we are ready to leave!!! I will write you more about the departure with some photos in my next article. Thanks a lot for following us and do not hesitate to contact me: celia.sapart.guest(a)nbp.usap.gov (replace (a) by @).

En Français

Après  5 jours d’installation sur le bateau, je trouve enfin le temps de m’assoir quelques instants pour vous donner des nouvelles!
Le 6 avril au matin, après une courte nuit à Christchurch, nous sommes partis pour Lyttelton (le port de Christchurch) pour faire nos premiers pas sur le N.B. Palmer, le brise glace qui sera notre maison pour les 10 semaines à venir.


Une équipe enthousiaste de monter à bord/ A team highly motivated to get on board

Le brise-glace avec sa tour atmosphérique à l’avant / Our ice-breaker with the atmospheric forward mast

Nous étions très enthousiastes de monter à bord, malgré la grande fatigue du voyage et le temps exécrable, mais à ma grande surprise mes premiers jours à bord ont été assez difficiles émotionnellement. Tout d’abord la découverte de notre cabine m’a un peu miné le moral, car elle est petite, mais surtout sombre, assez oppressante et l’odeur, l’état des sanitaires et des lits ne donnent clairement pas envie d’y dormir. Fanny et moi, qui partageons une cabine avons donc décidé de prendre les choses en main, de tout nettoyer et d’organiser nos affaires le mieux possible pour pouvoir bouger un peu. Il nous aura fallu quelques jours, mais nous commençons à nous sentir mieux dans cette cabine.


Fanny et moi dans nos lits ! / Fanny and I in our beds !

Après la visite de notre cabine, une des premières choses que j’ai dû faire à bord, était d’entamer une discussion concernant la nourriture durant la mission, car je suis obligée de m’alimenter strictement sans gluten pour des raisons de santé et j’espérais pouvoir trouver une solution avec les responsables. Pour la première fois depuis 13 ans que je pars en mission, on m’a posé d’énormes problèmes par rapport à cela durant le processus de contrôle médical d’avant mission. Malgré des semaines d’examens et le fait que tous mes médecins spécialistes ont certifié que ma santé me permettait de partir sans risque, j’ai dû signer, cette fois-ci, une décharge afin d’être acceptée selon les normes américaines. J’espérais qu’en arrivant à bord la discussion serait plus facile, mais lors de ma première prise de contact, on m’a fait remarquer clairement que selon leurs règles, les personnes avec restrictions alimentaires médicales n’étaient pas censées partir en mission, donc qu’ils ne serviraient pas de  nourriture sans gluten. Je dois donc assumer ma décision de partir et me débrouiller pour m’alimenter sachant que je n’aurai pas le droit d’avoir accès aux cuisines. Je trouve cette situation totalement injuste et injustifiée et cela me pèse depuis des mois, donc j’ai très mal vécu ces premiers jours. Cela fait 30 ans que je vis avec cette maladie frustrante qui m’a peu épargnée, donc cette situation me met dans une grande colère. On me parle comme si j’étais en faute, alors que la seule chose que je souhaite, c’est qu’on me permette de faire mon travail sans prendre de risque pour ma santé !

Bien heureusement, j’ai le soutien et l’aide de notre équipe et d’autres scientifiques qui ne comprennent pas plus que moi cette situation. Cela m’a permis de retrouver un peu le moral et grâce à eux, j’ai pu m’organiser pour acheter de la nourriture sans gluten sèche pour les 10 semaines à venir. Ce n’est pas l’idéal, mais on va faire avec et depuis hier le cuisinier accepte de me faire des œufs au plat ou du poulet bouilli, donc j’aurai au moins une source de protéine de temps en temps.

Dès notre arrivée à bord, nous avons eu notre première réunion avec toute l’équipe scientifique. Ce fut l’occasion de faire connaissance avec les autres chercheurs et les ingénieurs qui vont nous aider durant la mission. Puis nous avons retrouvé notre conteneur qui avait quitté la Belgique il y a 3 mois.


De la pluie, du vent et un conteneur avec 5 tonnes de matériel à vider !/ Rain, wind and a container with 5 tons of material to empty ! 

C’est sous une pluie battante que nous avons dû décharger notre matériel à la force de nos bras pour l’installer dans les différents laboratoires du bateau. Grâce à l’expérience et au talent d’organisation (presque suisse ;-) ) de notre chef, nous avons pu faire cela en un temps record !


Déchargement de notre matériel avec Jean-Louis et Gauthier dans les caisses destinées aux carottes de glace que nous ramènerons en Belgique à la fin de la mission/ Unloading of the material with Jean-Louis and Gauthier in the boxes that will be used to bring our ice cores back to Belgium

Puis, nous avons commencé à installer et tester notre matériel dans les différents labos. Il y a trois laboratoires principaux sur le bateau, donc cela nous laisse beaucoup de place pour nos instruments.


Gauthier installe son chromatographe en phase gazeuse pour faire des mesures de concentrations en DMS (un composé climatique) dans la glace. / Gauthier is installing his gas chromatograph to measure the concentrations of DMS (a climatic compound) in the sea ice.

Brett, mon collègue Suédois-américain de SWERUS (ma dernière longue mission en Arctique), nous a rejoint pour m’aider à installer les lignes atmosphériques et les systèmes pour mesurer les concentrations de gaz à effet de serre en continu dans l’atmosphère. Malheureusement, il ne sera pas des nôtres pendant la mission.


Brett en train d’installer nos instruments pour les mesures atmosphériques  / Brett  installing our atmospheric systems

Les lignes atmosphériques partent d’une tour en métal de 10m à l’avant du bateau, il a donc fallu que je fasse un peu d’escalade avec Barry, un des ingénieurs qui a été d’une grande aide pour monter tout cela.


Barry et moi qui nous préparons à grimper sur la tour / Barry and I getting ready to climb the forward mast 

Barry qui installe la ligne atmosphérique en profitant du soleil après plusieurs jours de pluie battante/ Barry installing the atmospheric lines and enjoying the sun after several very rainy days

Moi-même en train d’installer les entrées d’air au sommet de la tour. / My-self at the top of the forward mast installing the air inlets of the atmospheric lines. 

Brett qui nous admire depuis le pont / Brett admiring us from the deck

De là-haut, la vue sur le port de Lyttelton était bien belle/ From there, the view on the harbour of  Lyttelton was very nice

Et voici la vue vers la sortie du port / And here is the view on the exit of the harbor

Quand la ligne atmosphérique fut installée, je suis allée souffler sur toute les connections, afin de m’assurer qu’il n’y avait pas de fuites. Car en soufflant, on enrichit l’air en CO2 et cela est tout de suite identifié par nos mesures. Pour le méthane, on a pu voir que certains émettaient du méthane en expirant, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. En ce qui me concerne je n’en émets pas. Il paraît que cela est génétique….


Moi-même en train de souffler dans le système pour vérifier qu’il marche bien / Myself blowing in the inlet in order to check if the system works well

Quand tout fut installé, nous nous sommes attelés à sécuriser tous les systèmes, les caisses et les bouteilles de gaz afin que rien ne bouge quand nous serons en haute mer.


Jean-Louis en train de sécuriser le matériel dans le Wet Lab / Jean-Louis busy with securing material in the Wet Lab

Puis avant de partir nous sommes allés essayer nos équipements polaires dans un entrepôt à Christchurch.


Fanny et moi/ Fanny and I

Assez contente de mes vêtements, je remballe tout cela et je le remetterai dans quelques jours sur la glace/ Quite happy about my outfit, I pack everything to bring it with me on the ice in some days

Durant nos 5 jours d’installation à Lyttelton, nous travaillions et dormions sur  le bateau, mais chaque soir nous sommes allés manger à Lyttelton afin de profiter de la bonne nourriture locale avant le départ en mer. Le dernier soir (le 10 avril), nous sommes allés dans un très chouette petit restaurant et c’est de là que nous avons dû faire nos aurevoirs à Brett, qui repart pour l’Europe dans quelques jours. Ce fut une soirée super agréable.

Nos dernier repas du soir sur la terre ferme avant le grand départ avec de gauche à droite : Brett, Bruno, moi-même, Jeroen, Fanny, Jean-Louis (et sa crevette) et Gauthier/ Our last diner on the continent before departure with from left to right: Brett, Bruno, myself, Jeroen, Fanny, Jean-Louis (and his shrimp) and Gauthier

Puis, nous sommes rentrés sur le bateau, car nous devions partir ce lundi 10 avril au soir, mais il y a eu quelques soucis avec une partie du moteur qui manquait d’huile, de ce fait, nous avons dû attendre une nouvelle livraison d’huile. A l’heure où je vous écris, il est mardi 11 avril 18h30 en Nouvelle-Zélande et les moteurs du bateaux viennent de se mettre en marche. Nous sommes enfin sur le départ et tous nos instruments scientifiques marchent, donc c’est un gros soulagement !


Le N.B Palmer de nuit au port de Lyttelton/ The N.B. Palmer by night in the harbor of Lyttelton

Je vous raconterai le départ avec de nouvelles photos dans un prochain article d’ici quelques jours. Merci beaucoup de nous suivre et pour tous vos petits messages. N’hésitez pas à m’écrire à l’adresse suivante : celia.sapart.guest(a)nbp.usap.gov (remplacer le (a) par @).

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